Comme dans le genre du « jeu vidéo » auquel le titre fait référence, le « Shoot’ em up » est une partie à mener contre l’ invasion ; car c’est bien dans la fiction, plutôt que dans la réalité, que O.Keting combat. Il répond à l’agression publicitaire par la violence visuelle du jeu de simulation de guerre ou le réflexe prédomine sur la réflexion. Mais l’artiste tire à blanc et ne blesse personne. Son intention est de montrer du doigt ce que l’on ne voyait plus, à force de trop le voir. « La marque coche ses victimes de la virgule pour mieux identifier sa cible, technique de sioux qui consiste à distinguer le bétail en liberté de celui marqué au fer rouge. »
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La virgule est omniprésente, planétaire et universelle : elle constitue le premier hiéroglyphe de la communication globale qui s’est affranchie, depuis un moment déjà, du langage alphabétique. Ce logotype est identifié par l’ensemble des sociétés industrielles, y compris celles qui comptent le plus fort taux d’illettrisme. Son icône se propage inéluctablement sur les réseaux médiatiques comme sur les réseaux humains. L’homme qui s’identifie à cette marque la porte pour elle, comme le Chrétien porte la croix. La virgule se fond dans le tissu social comme un virus, sangsue capitaliste qui s’accroche à un sac, balafre une jambe, s’impose fièrement sur un torse, une casquette : directement visé à la tête, au cerveau, l’individu devient le support organique de la marque -
littéralement son « supporter » - véritable « homme-sandwich » de la société de consommation qui le cannibalise.