La quinte de toux hivernale empêche de crier " révolution" ? Ou alors préfère-t-on laisser aux artistes le privilège de diriger la marche ? L’ennui, c’est que chacun lutte dans son coin à sa propre survie et pour ses propres causes. A partager mon atelier avec Kokian, finalement, on se retrouve à se battre sur le même terrain.

Prostitute, 116x89, 2003 (Galienni corrigé par Kokian)
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Les artistes ont tellement baissés leurs frocs depuis quelques années, qu’aujourd’hui, ils se font mettre par leur propre entremetteur. « Artiste, revoltez-vous, c’est la guerre, bordel ! » Vos grands-parents ne vous ont jamais appris ce qu’était la résistance ? Eux, ils mourraient pour cela. Et moi, tranquille dans mon atelier, je peins des natures mortes, des nus et des portraits. Un art académique qui s’accroche bien chez le bourgeois plutôt qu’en galerie, soumise aux tendances du marché. J’aimerais pourtant faire un Guernica version world trade center mais ça sort pas, pas encore. Faut pas que je tarde, cependant, car ça va bientôt être périmé pour la consommation culturelle, toujours avide de nouveauté. Pourquoi me parle-t-on d’ailleurs de « nouvel activisme ? » alors que pour l’artiste la contestation est une évidence ? La société est donc si mal en point pour en arriver à le revendiquer ? Kokian, lui, me demande pas mon avis pour "corriger" les fautes de goût dans mes tableaux. "Les gens sont las" pense-t-il, et il n’a pas tort. Il est temps de réagir contre les contestataires uniformes, et pour cela disons oui à la guerre, mais ne nous trompons pas d’ennemis.
Le débat est ouvert sur le FORUM HARDCORE
http://www.palaisdetokyo.com/forum

Prostitute Street, 116x89, 2003 (Galienni corrigé par Kokian) A 18 ans, KOKIAN a connu la rue , le banc comme lit, et le regard des gens. La misère l’a endurcit, la culture l’a construit. Aujourd’hui à 30 ans, Kokian est cadre de haut niveau dans une multinationale réputée. Il est devenu bourgeois et l’argent ne lui manque pas. Mais il n’a pas oublié.
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