Un monochrome bleu rayé d’une barre marron, 6,5x3cm, signé Galienni. Un passeport pour le site du peintre plus que pour la ligne B du RER. Pourtant, l’oeuvre plagie l’original. Témoignage du faussaire galienni, pris en flagrant délit.

Les tickets falsifiés de Galienni
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"Après une soirée entre amis j’attrape de justesse le dernier métro, direction Denfert. Une horde de contrôleurs se pointe : "tickets, m’sieurs-dames s’il vous plait, on touche une com’ sur les fraudeurs"...En fouillant dans ma poche je tombe sur mes outils de propagande, des immitations de tickets de métro turquoise barré marron, sur lequel j’ai apposé quelques citations de mon crû. Les contôleurs, perplexes, cherchent la date de validité des billets mais ne lisent que ces quelques mots d’auteurs : "Peindre son époque, c’est d’abord dépeindre la société"..."La peinture s’adresse à ceux qui prennent le temps de la regarder"..."La peinture trompe l’oeil pour mieux le corriger"..."La peinture est le média du futur, elle l’a toujours été"...etc. Soudain, j’ai l’impression qu’en plus d’être fraudeur, on me prend pour un taggueur de rame recherché. Je fais rien de mal, je suis, j’essaye juste d’être peintre. "Faux et usage de faux" me répond ce fonctionnaire a qui je tends pourtant, sous sa moustache nazie, ma carte orange mensuelle deux zones . D’accord il y a plagiat, mais c’était l’astuce : un faux-ticket de métro détourné en vrai trompe l’oeil, que même le contrôleur s’y laisse prendre. Finalement, le bout de carton n’ouvre pas les tourniquets de l’enceinte du RER : ouf ! je ne suis pas un faussaire.