
Couteau à peindre, 1997.
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"C’est en 1997 que je rencontrais Bengt lindström : une brève, mais décisive rencontre. « Si on pense trop la peinture, c’est perdu d’avance » m’avait dit le maître Suédois. Le soir même, je peignais le portrait de ce vieil homme avec une clairvoyance que je n’avais pas jusqu’alors ; au lieu de m’appliquer avec la sagesse du bon élève que je n’étais pas, je me suis mis à contredire l’évidente harmonie des courbes et des couleurs pour libérer toute la puissance expressive qui grondait en moi. L’instinc s’oppose à la pensée rationnelle et la peinture se doit d’être intuitive. Le pinceau ne contourne plus l’essentiel, il trace la vérité intérieure du peintre. Résultat : une croûte ignoble de matière molle, un mariage indécent de couleurs ternes, passant du noire d’ivoire à la terre de sienne. L’enfer. De rage, j’empoignais mon pinceau à l’envers et, avec le manche en bois, j’ai gratté, marqué et balafré ce visage qui, à chaque coup porté prenait une ride. Enfin je le tenais ce visage expressif ! La peinture venait des trippes et il ne restait qu’à changer l’outil, le pinceau étant trop chatouilleux. Dorénavant, le couteau sera mon arme."
Reprise des notes du cahier noir (1998).