Journal infime de mon quotidien, le carnet bleu s’attache au trousseau de mon voyage sous-terrain entre la maison et l’atelier. L’anti-roman du quotidien des jours qui passent ici et ailleurs.
Jeudi 06 janvier 2005 - 13 : 40 : la chute du Roman n’aura pas lieu

- Croquis Station Drouot, 3 x 4 cm, 2005.
Delacroix disait qu’un bon dessinateur est capable de croquer la silhouette d’un homme chutant du troisième étage de sa maison, avant qu’il ne touche le sol.
Malheureusement aujourd’hui, cette technique d’observation instantanée du mouvement en Beaux-arts fait vieille école face aux caméras de télévision qui filment - en direct - la chute des corps depuis le 109ème étage du feu World Trade center. Une calamité qui aurait fait autant scandale en art que la vidéo de l’Empire State Building filmé douze heures de suite par Warhol.
Toujours est-il qu’en regardant par la fenêtre ce matin pour voir si le bureau de tabac était ouvert, je me suis demandé si j’étais capable de m’essayer à cet exercice périlleux de la chute, notant que j’habite au troisième de mon immeuble et que mon atelier lui, se trouve au second.
Dans un cas comme dans l’autre, il fallait trouver une modèle volontaire, assurée de préférence. Réflexion faite, la chute d’un fruit mûr exerce aussi bien le trait de la nature morte. Orange, pomme, banane, j’irais choisir un beau fruit de saison chez mon épicier Camel, au pied de l’arbre-atelier.
Pour l’instant, le nouveau sèche-linge bourgeonnent de coton propre et autres textiles synthétiques, véritable consolation du jour.
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