Coralie, Very, Laure.K, Val, Tamara, Nadaël, les "happy few" m’ont envoyé leurs textes en réponse à ma demande de participation d’écriture collective sur le thème Le Rouge et le Noir (Que pourrait donc faire le peintre sans ces deux couleurs ? ) :

"Double narration" par Nadaël
Quelque part en France ou ailleurs, instants de vie en rouge et noir, de deux personnes que tout oppose : Garance, fillette aux joues rouges, insouciante, et Schwarz, auteur de séries noires, à la dérive.
Elle joue sur un chemin de campagne, au milieu des prés regorgeant de coquelicots, Il est assis dans un bar enfumé près d’un boulevard dans la grisaille d’une ville tentaculaire.
Jeune fille en fleur, elle s’élance à la poursuite de son ballon couleur rubis.
Homme de lettres oublié, il porte à ses lèvres son café noir déjà froid.
Le ballon roule, la fillette à ses trousses, on entend ses éclats de rire.
La tasse posée sur le zinc, l’homme la fixe sans mot, sans geste, il pense.
Les yeux pétillants, Garance continue sa folle course bien décidée à rattraper son ballon rouge.
Le regard vide, Schwarz attend que cela se termine, son stylo à la main, il écrit ses dernières lignes...
Puis c’est la chute : la fillette est à terre, et le ballon roule, roule, roule, la paume de ses mains saigne, elle sanglotte.
C’est ainsi que Garance découvrit la douleur.
Puis c’est l’éblouissement : une femme l’observait lui et sa mélancolie depuis un certain temps, discrètement, à ses côtés.
Touchée, le dos de sa main vint effleurer le visage de l’homme.
C’est ainsi que Schwarz découvrit la douceur.
Rouge ou noir, le bien ou le mal, peu importe la couleur, l’une et l’autre se confondent .
Chacune est interchangeable, du moment qu’il y ait du ressenti.

« Eve rouge et noir » par Coralie goltrant
couleur de la femme s’il en est une
Sang de la maternité
Eclat de sa beauté,
De la tête aux pieds !
La femme encore et toujours
Son élégance, son raffinement
Le mystère et l’envoûtement
Rouge ou noir, c’est d’Eve dont on parle,
Belle et fatale !

« Only for Happy Few » par Very
Le Rouge et le Noir. Des couleurs paradoxales, des saveurs contradictoires mais complémentaires, des sensations riches mais opposées.
Le Rouge flatte et fait de la peine. Acerbe ou anguleux, distingué ou élégant, il sait aussi se montrer souple, soutenu ou suave, c’est le bouquet ! On le sent, on l’admire et voilà qu’il nous envoûte, nous charme, nous fait tourner la tête. Les érudits ne manquent alors pas de bons mots pour nous en conter les vertus, je laisse volontiers leur talent s’exprimer pour mon bon plaisir.
Et le Noir ? C’est un coup de fouet !
Sa teinte est des plus sombres, ses notes sont corsées et amères qui nous donnent du grain à moudre. Tantôt un rite, tantôt un mythe, souvent une habitude, tout le temps un prétexte. Pour en parler et pour parler.
Le Rouge et le Noir, deux natures, deux forces, deux énergies aux directions différentes qui ne parlent qu’aux hédonistes, « happy-few » exigeants jusque dans leurs plaisirs.

« Rouge à lèvres et noir rimel » par Val - Guillemette de Novarez
Le Rouge et le Noir, une femme dans toute sa
splendeur. Lorsqu’elle est amoureuse...
... Quelques mots laissés au rouge à lèvres, en
souvenir d’une histoire d’amour, certainement la plus
belle... Quand il faisait encore glisser les fines
bretelles de sa robe... La nuit sert à pleurer quand
brusquement tout s’est arrêté... Les yeux innondés,
son rimel à coulé... Mais pourtant elle est calme, car
elle sait... Alors elle continue de rêver... Le noir
est-il indissociable du rouge... Le noir et son
mystère, le rouge séduction, une pointe de noir
seulement pour que le rouge reste rouge,
et que cette femme puisse l’aimer encore...
"Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les
voir." disait Matisse.

« In vino veritas » par Galienni
De l’eau, de l’air, un peu de soleil, beaucoup de vigilance et la vie produit des miracles sur nos terres hexagonales, tant que nous la préserverons : du rouge. Loin des vignes, de la mythologie grecque et du terroir, une clope au bec, je regarde ce rubis rouge, un trésor pour mon palais.
Ce vin là m’abime avec délectation, car il est mon frère de sang*.
C’est le noir du café, au petit matin, qui me rappelle a quel point mon corps était absent. Même le sucre s’y laisse prendre, se dissoud, puis disparaît. Là, je me retrouve seul, égaré, avant que le miracle ne se produise : un ciel bleu, de la porcelaine blanche, un peau rose, de l’herbe verte. Au mieux, un arc en ciel. Je n’y verrais point ce rouge et ce noir qui m’absorbe dans l’absolu.
(* Kokian / Idées noires)

« Red alert Texto » par Laure K
Rouge est le systeme
Sous lequel se déploie
La torture au nom de « la justice d’Etat »
Et le reste fait loi
Noir est mon sommeil qui me réveille
quand l’amour n’est pas là.

"Mais dormir en ses bras ?" par Tamara Laï
Voir en négligé las, sous ta fenêtre,
moi-même en désarroi cependant mon erreur
si étroit ce soleil - à craindre, les nuages
ce soir ou le hasard, une chance...
Se vouloir tellement un soir un matin
viser toujours plus haut et s’adorer de même
s’embrasser et s’ouvrir en corps affirmatifs
coeurs rouges accordés à nos yeux nuit
Offrir ce mal pour quand, l’éternité...
tant épris de nos mots plongés en profondeur
quand je nous sens pleurer et rire et baiser
l’amour étant ou pas, et puis qu’en faire ?
Mon ami, mon amant, mon voisin, mon frère
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