
Reconstruction parle d’amour et de cinéma, tire sa force, son incroyable élégance de son seul principe : tout est construction. Il y a un mois, un ami cinéphile me disait, en parlant de sa relation amoureuse, qu’il voulait la vivre « comme au cinéma ». Il a raison, mais aujourd’hui encore, il semble en souffrir : pourquoi les gens rêvent éveillés dans leur fauteuil de velours rouge et hésitent à le faire dans le réel ? Peut-être parce qu’ils ont plus de facilité à vivre l’histoire des autres que leur sienne propre. C’est aussi la question que pose Matrix Reload, belle continuité du premier volet, avec un excès qui ne sombre pourtant pas dans la démesure, de mon point de vue. Reconstruction, primé à la caméra d’Or, est un bijou de film qui tente de répondre à l’éternel question : qu’est-ce que l’amour ? (et qu’est-ce que le cinéma ?) Une reconstruction, comme son nom l’indique ; être avec l’autre, c’est se redéfinir soi-même, oublier ce qu’on l’on est devenu pour comprendre, à travers le regard de l’aimé, ce que l’on est et avons toujours été.