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Entre Ciclones
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Enrique Colina, réalisateur de documentaires et critique de cinéma, signe son premier long-métrage de fiction « Entre Ciclones » qui narre les déboires du jeune Thomas, subitement à la rue après le passage d’un violent cyclone. A la recherche d’un toit, ce personnage candide sera entraîné sur le mauvais chemin de la mafia locale et de la prostitution. Sous les traits ginçants de la comédie satirique, l’auteur nous dresse une peinture sociale de la jeunesse cubaine touchée par la crise.

Après avoir assisté à la projection, Galienni s’entretient avec le cinéaste Enrique Colina sur le bateau Lycos, lors des déjeuners de la Semaine Internationale de la Critique. Il lui présente le « remake » peint de son œuvre « Entre ciclones »

Enrique Colines et galienni devant le

Enrique Colines et galienni devant le "Remake" peint de "Entre Ciclones"

Galienni : Du film, je retiens l’image forte de ce chien de combat blessé à mort, mais sauvé par la compagne coiffeuse du héros. J’ai associé cet animal au personnage de Thomas, tous deux étant les victimes de la mafia locale qui agit sur la jeunesse cubaine frappé par la crise. Partagez-vous cette même lecture ?

Enrique Colina : Tout à fait, le rapprochement est juste. C’est drôle d’ailleurs, car pour l’affiche du film qui est à l’étude, je souhaite justement exposer un plan du film où l’on voit Thomas et le chien de rue blessé mais sauvé comme lui le sera par « Saint-Lazare » si l’on se réfère à la lecture religieuse du film. En revanche, ce qui m’intrigue dans votre tableau, c’est le dollar que vous avez ajouté dans la main de Thomas...

G : Oui, cela ne fait pas directement référence au film...Mais à votre avis, il le prend où il le lâche ce dollar ?

Il le prend ! (rires) Il y a un personnage secondaire dans le film, un sans abris que Thomas rencontre lorsque celui-ci est replacé dans un foyer au tout début de la narration. Ce personnage porte le discours bouddhiste qui tend à penser qu’il suffit d’être en harmonie avec son « karma » pour atteindre le « nirvana ». En somme, que l’argent n’a rien à voir avec le bonheur. Je ne partage pas cet opinion, le matériel est nécessaire, il en faut un peu, et c’est ce qui fait défaut à Thomas et aux jeunes cubains frappés par la crise. Le manque d’argent les conduisent sur les mauvaises pentes de la prostitution, du vol, du racket...des ennuis ! Peut-être que votre dollar sur le tableau signifie cette idée là ?

G : C’était l’idée du rapport à l’argent en période de crise, en effet. A ce propos, comment se vit l’aventure d’un premier film en terme de production ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que ce film devait se faire en 1990 et ce n’a été possible qu’à la fin de l’année 2002, grâce à deux co-productions, respectivement espagnole et française. En tous cas, ce n’est pas peine perdue car le film marche très bien dans mon pays. Il fait « un tabac » comme on dit chez vous en France (rires)

G : pour conclure, je m’adresse au critique plus qu’au cinéaste - puisque vous portez la double casquette - pour vous demander quel effet cela fait d’avoir été selectionné à la Semaine Internationale de la Critique. Pensez obtenir le Grand Prix Lycos de la critique voté par vos « collègues » français ?

Je suis très honoré d’avoir été choisi dans cette section du festival qui permet à de jeunes auteurs de se faire remarquer à cannes...Même si je ne suis plus tout jeune ! Honnêtement, je ne pense pas que « Entre Ciclones » reçoit un prix, on l’attribue peu au genre de la comédie. Enfin, nous verrons cela le 23 Mai, n’est-ce pas ?


Crédits photos : Corinne Mercier - CM AGENCY


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